27 mai 2010
Racisme, xénophobie et discrimination. Tels que nous les avons vus…

Le programme Russie-CEI / FMSH coorganise cette rencontre qui vise à présenter en Russie les problèmes du racisme, de la xénophobie et de la discrimination comme des thèmes scientifiques d’une actualité cruciale.

La brusque aggravation des tensions dans les relations interethniques ces dernières années en Russie, s’accompagnant de l’augmentation du racisme, de la xénophobie et de la discrimination à l’égard des immigrés, a pris les chercheurs russes en sciences sociales au dépourvu. L’immigration massive de travail sur le territoire de la Russie à partir des régions voisines musulmanes ne date pas d’hier : dans les années 1980 la RFSSR accueillait de 400 à 800 000 ressortissants de l’Asie centrale, du Kazakhstan et de la région du Caucase. Néanmoins, c’est dans les années 2000 que, dans le débat public en Russie, a commencé à se poser la question de la formation de communautés d’immigrés très fermées qui s’opposeraient à l’assimilation. Aujourd'hui peut-on dire que la Russie rattrape les pays européens et notamment, la France, où des questions similaires se posent.

Mais en Russie, et les citoyens et le gouvernement n’étaient pas préparés  à ces problèmes : l’augmentation des cas de racisme dans les villes russes envers les "caucasiens" (le cas le plus connu concerne les événements dans la ville de Kondopoga en septembre 2006) et les agressions plus fréquentes ces dernières années contre des africains nous montrent que la société non seulement ne comprend pas comment réagir à l’afflux des immigrés, mais aussi comment discuter à propos de ce problème. Si, dans les pays européens, il existe beaucoup de travaux sur les problèmes du racisme et de la xénophobie (par exemple, les travaux du CADIS), dans les sciences sociales russes ces thèmes ne sont représentés que par quelques travaux (par exemple, de V. Chnirelman, V. Malakhov, V. Moukomel, du Centre des recherches sociologiques indépendantes de St-Pétersbourg). Il n’existe pas encore de tradition nationale russe d’étude du racisme et de la xénophobie, et jusqu’à aujourd’hui la discussion sur ces sujets reste principalement la prérogative des ONG et des défenseurs des droits de l’homme.

C’est pourquoi un des buts essentiels du séminaire est de présenter les problèmes du racisme, de la xénophobie et de la discrimination non pas seulement comme des problèmes sociopolitiques, mais aussi comme des thèmes scientifiques d’une actualité cruciale, qui ont besoin de l’élaboration de leurs propres approches théoriques et méthodologiques. Au cours du séminaire seront, premièrement, présentées les approches scientifiques, sur les sujets annoncés, formulées par les principaux chercheurs de France et de Russie (participants envisagés : Michel Wieviorka, Alain Blum, Alexandra Poli, Galina Zvereva, Vladimir Malakhov, Viktor Chnirelman, Viktor Voronkov, Alexandre Osipov). Deuxièmement, dans le cadre du séminaire il est prévu  d’examiner ces sujets sur l’exemple de plusieurs case study – les résultats des recherches de terrains effectuées en France et en Russie. Les organisateurs du séminaire se sont fixés pour tâche de montrer le racisme, la xénophobie et la discrimination dans différentes situations et avec la collaboration des différents acteurs. Les participants du séminaire sont des sociologues, anthropologues, historiens et spécialistes de la culture de France et de Russie. Pendant la deuxième partie du séminaire les chercheurs des deux pays pourraient échanger leurs points de vue avec les collègues, discuter des conclusions des chercheurs et présenter aux participants du séminaire leur vision du racisme (de la xénophobie et de la discrimination).

Il est prévu d’inviter à participer au séminaire quelques représentants des ONG russes.


Détails

Localisation : Institut d'Afrique de l'Academie des Sciences de Russie | Moscou, Russie
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