Mook | "Mexique : une terre de disparu.e.s"

Un format original d'édition et de valorisation de la recherche

Le mook Mexique : une terre de disparu.e.s est le fruit d'une collaboration originale et inédite entre une équipe de recherche, des photographes, un collectif de solidarité internationale contre les violences d'État, et la FMSH.

Composé de 19 récits, 2 enquêtes et 1 portfolio, ce nouveau format d'édition et de valorisation de la recherche permet de raconter "autrement" une tragédie humaine et ses conjurations, en vue de s'adresser à un public plus large que les cercles universitaires restreints. Il propose au lecteur des éléments de contextualisation sur les violences et les disparitions au Mexique, des histoires individuelles et des expériences collectives ainsi que des exercices et des expériences d'arts et de mémoires non-officielles.

À l'initiative de l'anthropologue Sabrina Melenotte, ce projet de publication hybride est né de travaux menés dans le cadre de l'ANR "SoV-Sortir de la violence", et s'est progressivement élargi à de jeunes chercheurs et chercheuses provenant de plusieurs disciplines des sciences sociales (anthropologie, sociologie, histoire) et une photographe référente. Projet collectif et interdisciplinaire, cet ouvrage est le témoin d'une recherche engagée aux côtés des acteurs sociaux d'une histoire en train de s'écrire.

Les équipes de la FMSH ont accompagné le dessein de ce mook sur la photographie, le maquettage, la production, la co-édition et la diffusion des résultats de recherche. Sa parution couronne quatre années d'accompagnement sur le volet diffusion des connaissances de la Plateforme Violence et sortie de la violence. Dans ce cadre, la FMSH a également soutenu la création d'une nouvelle revue, Violence: An international journal, et a assuré l'organisation, la captation et la diffusion de nombreux colloques et séminaires mobilisant des centaines de participantes et participants.


L'ouvrage

Depuis la « guerre contre le narcotrafic » impulsée en 2006, le Mexique est devenu une terre de disparu.e.s.

En donnant voix et visages aux familles de victimes qui suivent les traces de leurs êtres chers, les récits et les photographies de cet ouvrage livrent des clés de compréhension sur la façon dont une société vit dans, avec, contre et après des violences extrêmes et massives.

Face à un État dysfonctionnel et des institutions fragmentées, les recherches « en vie », « dans la nature », auprès des institutions, dans les villes et villages reculés, mais aussi les expressions artistiques et mémorielles, sont autant de clameurs de justice d’une société qui embrasse à bras le corps le destin de dizaines de milliers d’anonymes, disparu.e.s ou retrouvé.e.s mort.e.s.

Consulter l'ouvrage en ligne
 

  • Sous la direction de Sabrina Melenotte
  • Avec les contributions de Josemaría Becerril Aceves, Collectif Paris-Ayotzinapa, Emmanuelle Corne, Paola Díaz, Luis López, Sabrina Melenotte, Natalia Mendoza, Marcos Nucamendi, Verónica Vallejo Flores

Direction scientifique et éditoriale

Sabrina Melenotte

Sabrina Melenotte a dirigé cet ouvrage et a écrit ou co-écrit plusieurs de ses articles. Anthropologue, chargée de recherche à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), affiliée à l’Unité de recherche Migrations et Sociétés (URMIS), elle est co-rédactrice en chef de la revue Condition humaine / Conditions politiques et membre du comité de rédaction de la revue Violence: An international journal. Après une recherche doctorale sur le conflit armé au Chiapas (Mexique), elle mène une anthropologie politique de la disparition qui se concentre sur les recherches de personnes disparues et le gouvernement des mort.e.s au Mexique.

Les auteurs et autrices

Josemaría Becerril Aceves

Josemaría Becerril Aceves est doctorant en anthropologie à l’EHESS et membre de l’équipe Anthropologie de la vie du LAS. Après avoir consacré son master à l’étude des institutions médico-légales de l’État mexicain, il poursuit aujourd’hui des enquêtes ethnographiques sur les rapports de la paysannerie maya au gouvernement national et aux marchés globaux sur les confins de la péninsule du Yucatán. Il s’intéresse notamment au rôle des peuples indigènes dans les agencements économiques, écologiques et techniques qui ravagent ou soignent les forêts tropicales.

Emmanuelle Corne

Après avoir été vingt ans libraire puis éditrice en sciences humaines et sociales, Emmanuelle Corne a choisi de devenir photographe documentaire. Inspirée par les sujets liés au genre et à l’intersectionnalité, à l’invisibilité et par le reportage au long cours, elle porte un regard photographique sur les populations, regard qui ne s’arrête pas aux luttes ou revendications mais aussi aux actions collectives et positives.

Paola Díaz

Paola Díaz est anthropologue et docteure en sociologie de l’EHESS. Ses recherches portent notamment sur les disparitions de personnes en Amérique latine, la mort et la disparition en migration ainsi que la violence institutionnelle. Elle est chercheuse associée au Centre d’études des mouvements sociaux (CEMS-EHESS), chercheuse au Centre for Social Conflict and Cohesion Studies (COES-FONDAP) au Chili et chercheuse affiliée à l’Institut Convergences Migrations-France (2021-2025).

Luis López

Luis López est sociologue. Diplômé de l’EHESS, ancien chercheur au CADIS, il a travaillé sur divers terrains en Amérique centrale et du Sud et en France. Depuis 2017, il est membre du laboratoire Architecture Milieu Paysage (AMP) de l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-La Villette où il travaille sur les liens entre des expérimentations plastiques et les mutations urbaines. Ses recherches actuelles portent sur les violences extrêmes, notamment la disparition forcée de personnes au Mexique.

Natalia Mendoza Rockwell

Natalia Mendoza Rockwell a obtenu un doctorat en anthropologie à l’université de Columbia. Elle est professeure à l’Université de Fordham (New York). Ses recherches portent sur l’ethnographie de l’État et des institutions politiques, l’informalité, le crime organisé, la théorie des actes de parole et le pragmatisme.

Marcos Nucamendi

Marcos Nucamendi fait partie du projet A dónde van los desaparecidos, un site d’enquête et d’analyse journalistique sur la logique de la disparition au Mexique. Au cours des dix dernières années, il a travaillé en tant que journaliste et professeur d’université dans le domaine des relations internationales et des sciences politiques dans la ville de Puebla. Il suit actuellement ses études de master en coopération internationale à l’Institut de recherche Dr. José Luis María Mora, à Mexico.

Verónica Vallejo Flores

Verónica Vallejo Flores est docteure en histoire de l’Université de Paris 1, Panthéon-Sorbonne et coordinatrice de l’ANR « SoV - Sortir de la violence » (2021) dirigée par Yvon Le Bot. Elle est chercheuse associée au laboratoire Mondes Américains (CNRS/EHESS, UMR 8168) et au Centre d’histoire du XIXe siècle (Paris 1, EA 3550). Ses recherches portent principalement sur les conflits ordinaires et les pratiques judiciaires au Mexique au XIXe siècle. Elle s’est récemment intéressée à l’histoire du temps présent, en particulier à l’étude des nouvelles pratiques mémorielles autour des personnes disparues.

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Mis à jour le
02 novembre 2021
Parution

SoV – Sortir de la violence 

L’ANR « Sov – Sortir de la violence » part de travaux sur la radicalisation pour aboutir à l’analyse de la sortie et de la prévention de la violence. Ce projet vise à comparer de manière transversale et multidimensionnelle des expériences de violence extrême et de sortie de violence situées dans des aires géographiques différentes, afin de livrer des clés de compréhension aux phénomènes contemporains, en combinant des apports pluridisciplinaires (sociologie, science politique, anthropologie, droit) et en dépassant le « nationalisme méthodologique » et les cloisonnements théoriques et géographiques trop souvent reproduits. 

La perspective comparatiste et la méthodologie originale permettront de croiser les terrains (Amérique latine, Afrique, Europe, Proche et Moyen-Orient), les niveaux d’analyse (du local au global), de décloisonner les aires géographiques et d’étudier les processus de subjectivation et de désubjectivation des acteurs.

L’objectif final est d’approfondir les motifs de la mobilisation radicale et violente et de contribuer à l’apport de connaissances transversales, en confrontant plusieurs contextes d’affrontements armés, afin d’apporter des éclairages utiles aux acteurs et décideurs politiques et aux analystes. 

Axes de recherche

Quatre axes transversaux seront privilégiés, grâce aux travaux menés sous la direction d’une dizaine de chercheurs confirmés :

De l’expérience subjective à l’engagement collectif
Sous la responsabilité de Jérôme Ferret et Michel Wieviorka

De la radicalisation au passage à l’acte
Sous la responsabilité de Jean-Pierre Dozon et Sabrina Melenotte

Comment sortir de la violence (ou ne pas y entrer)?
Sous la responsabilité d’Yvon Le Bot et Laetitia Bucaille

Justice, injustice et émotions politiques
Sous la responsabilité de Pénélope Larzillière et Jacobo Grajales

 

Carnet de recherche

SoV - Sortie de la violence

 

Partenaire

MSHS – Toulouse via la  Plateforme Radicalités et régulations

 

Carnet de recherche : 
Image principale : 
Sous-titre : 

Analyser la sortie et la prévention de la violence

Responsables : 
Rubrique (Parent) : 
Recherche
Programmes : 
Plateforme Violence et sortie de la violence
Site Type : 
Pôles : 
Imported : 
Focus : 
Compte-rendu du colloque international « Sortir de la violence »
Plateforme Violence
Projet Terminé : 
Type de contenu : 
nouveau contenu
Language : 
fr
Type de programme : 
Projet de recherche

Voir aussi