21 mars 2011
Lorsque le compteur d'eau donne la mesure du monde indien

Dans le cadre d’une assistance technique soutenue par la Banque Mondiale de 2002 à 2006, Veolia Eau installe à Chennai, un outil de gestion banal chez nous, le compteur d’eau. Celui-ci s’insère cependant en Inde dans un contexte auquel rien ne le prédestine.

En collaboration avec la Fondation Maison des sciences de l'homme et la chaire "Management multiculturel et performances de l'entreprise" (Renault-École polytechnique-HEC), nous avons le plaisir de vous inviter à la prochaine séance du séminaire “Managements et Cultures d’Entreprises” avec Akil Amiraly (Post-doctorant au Centre de recherche en gestion de l’École polytechnique) Dans le cadre d’une assistance technique soutenue par la Banque Mondiale de 2002 à 2006, Veolia Eau installe à Chennai, un outil de gestion banal chez nous, le compteur d’eau. Celui-ci s’insère cependant en Inde dans un contexte auquel rien ne le prédestine. La discontinuité de la distribution d’eau du réseau public conduit en effet les usagers à se tourner vers des dispositifs alternatifs pour pallier le manque d’eau, le service étant payé en fonction d’un forfait. De leur côté, les élus locaux rechignent à réformer le tarif de l’eau. Les usagers se sont finalement appropriés l’outil, dans un univers de sens déterminé par la densité du lien social et les déficiences du service public : le compteur est associé à l’idée d’une distribution d’eau en quantité égale à tous, dissociée du paiement. Cette appropriation de l’objet importé, constante de l’histoire indienne, renverse la perspective selon laquelle la mondialisation uniformiserait les pratiques : celles-ci arrivent au contraire à transformer le sens et l’usage des instruments de gestion.


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Lieu : La Maison Suger
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