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Difusión

:: Programme de recherche TECOG

La numérisation croissante de la société et des organisations fait émerger des problèmes qui nécessitent une approche conjointe des Sciences de l'Homme et de la Société (SHS) et des Technologies de l'Information et de la Communication (TIC). Le programme "Technologies Cognitives" rapproche des experts et chercheurs de ces deux champs pour faire le point de l'état de l'art, créer un dialogue fécond, servir de base à des analyses prospectives.

Les séminaires du cycle lancé en 2006-2007 examinent " la projection numérique et ses limites " : quelles sont les limites de la représentation numérique des personnes, des objets, des espaces, des organisations, des situations ? Quelles seront les impacts des environnements augmentés sur le fonctionnement humain et organisationnel?

Numériser : jusqu'où ?


Les sentiments d'enthousiasme, de résistance ou de fatalité devant l'irrépressible tendance technique à la numérisation des produits et activités humaines appellent un effort de réflexion et d'analyse par des recherches à la fois psychologiques, sociologiques et techniques. Pour comprendre ce qui est et arrive, il ne s'agit pas d'opposer le numérisable et ce qui ne l'est pas, mais plutôt de comprendre comment ils composent dans la réalité des situations humaines. Il faudra donc, d'une part, analyser la métaphysique du " tout-numérique " pour laquelle cette tendance technique n'aurait pas de limite, et d'autre part, définir positivement ce qui n'est pas réductible à une information numérique : le présentiel (engagement corporel), le tangible (obstruction à l'action), les inscriptions solides (ce qui résiste et dure), les contraintes matérielles des supports, des réseaux, des voisinages ou des territoires géographiques…

Cette problématique est d'ores et déjà abordée en divers lieux des sciences cognitives et des sciences sociales. Nous proposons de mobiliser ces travaux pour mesurer les effets cognitifs et sociaux des supports numériques, anticiper les seuils, expliquer les opportunités comme les déceptions.
Par exemple, jusqu'où les médias électroniques ou les avatars peuvent-ils se substituer à la présence physique d'êtres humains, dans les réunions, la discussion, le jeu ? Quelles sont les différences de qualité, d'efficacité, entre le numérique et le physique ? Jusqu'où aller dans la numérisation des activités productives, du travail cognitif ? Et comment ?

Il faut également prendre la mesure des nouveaux espaces de perception, d'existence, d'interaction ouverts par la numérisation. A l'aube d'un " internet des objets " où les entités physiques, les processus et les événements vont être en relation directe avec leur image numérique; et se mettre à communiquer entre eux et avec les humains ou les systèmes qu'ils intéressent, la nature même des arènes de la vie sociale change. Par exemple, les nouvelles propriétés de cet espace " augmenté " rendent visible, pour les systèmes informatiques ou pour d'autres acteurs, la position d'un sujet ou d'un objet dans l'espace physique ou social, ses réseaux relationnels; mais aussi les multiples trajectoires qu'il y a tracées au cours de son histoire interactionnelle. De nouveaux développements des sciences de l'information (fouille statistique numérique ou textuelle, reconnaissance de formes, simulation, systèmes experts…) permettent même de prévoir les trajectoires futures avec une précision croissante. Comment l'humain va-t-il se saisir de ces nouvelles possibilités?

Quelle est notre approche?

 

Ces questions renvoient à la fois à des problèmes très concrets pour les acteurs qui mettent en place de nouvelles technologies, de nouveaux services, de nouvelles organisations -et à des problèmes théoriques, philosophiques, éthiques et méthodologiques qui intéressent directement les SHS. Par exemple, les questions de " privacy " ou d'évaluation des impacts socio-économiques se posent ici de manière nouvelle et essentiellement  transdiciplinaire.

Ces questions sont difficiles à aborder si l'on veut éviter les lieux communs ou les études techniques trop spécialisées. Pourtant, ces évolutions posent des problèmes sociétaux qui doivent être analysés et débattus.

Notre approche consiste à rapprocher des experts en technologie ayant une connaissance de première main de ce qui existe ou se prépare en labo en matière de TIC, ouverts aux sciences sociales, et des chercheurs en SHS, pour provoquer des discussions avec un public incluant non seulement des chercheurs issus du monde académique mais aussi de l'industrie. Le programme est d'ailleurs cofinancé par le programme " Projection numérique " d'EDF R&D.
La confrontation empêche les discours convenus, force à aller au fond des choses ; les expériences réelles rendent les débats encore plus instructifs.
Cette confrontation se fait dans une série de séminaires, ouverts sur invitation, dans lesquels interviennent les meilleurs spécialistes mondiaux.

Entre les séminaires, le comité scientifique coordonne une réflexion sur ces thèmes avec les experts, et prépare la publication des travaux menés dans les séminaires, et repère les thèmes émergents qui feront l'objet de séminaires. Ce comité est ouvert à vos suggestions et vos propositions.

Les travaux du programme Technologies Cognitives se déroulent en effet à trois niveaux :

  • exploration : un séminaire de recherche international sur les impacts sociaux et organisationnels des technologies cognitives ;
  • analyse : un groupe de travail restreint met en forme les problématiques et les réflexions prospectives issues des rencontres et du séminaire ;
  • valorisation de la recherche : un portail web bilingue français-anglais destiné au soutien et à la mise en visibilité des recherches dans un souci de mutualisation des initiatives françaises et européennes dans ce domaine, avec une partie extranet destinée aux participants, sur le site de la FMSH.

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