La subvention originelle du MAE évoquée plus haut n'ayant pas été renouvelée, la FMSH a décidé de continuer, malgré tout, l'action entreprise. Elle avait pu en effet construire autour de cette dotation initiale un réseau permettant de bénéficier de dons et de réductions importantes :
- de la part des principales presses d’universités, regroupées dans le Centre inter-institutionnel pour la diffusion de publications en sciences humaines (CID), la règle est celle de dons gratuits ;
- de la part des éditeurs privés, dont certains avaient consenti, dans une première étape, des dons, la solution la plus fréquente est celle de remises, comprises entre 25 et 50% sur le prix des ouvrages et des abonnements.
S’y est ajoutée la récupération de collections de périodiques qui allaient être envoyés au pilon. La FMSH a ainsi récupéré une centaine de collections des vingt premières années d’Actes de la recherche en sciences sociales, et d’une vingtaine d’années des Annales.
Cette réussite a amené la Fondation Maison des sciences de l'homme à étendre son programme à d'autres pays. Maintenir et développer ce programme correspondait à une nécessité absolue, comme l’a montré le nombre croissant des demandeurs : dès 1999, le volume des envois aux premiers partenaires avait doublé par rapport à 1996-1997, et depuis lors, ne cesse de progresser. Le développement des échanges scientifiques de la FMSH avec les pays de l’Est et du Sud permet de prendre la mesure des besoins existants. Inviter des chercheurs originaires de ces pays n’aurait aucun sens si les mêmes chercheurs, de retour dans leur pays, se trouvaient coupés de la littérature scientifique internationale.
La FMSH a donc alloué au programme 50 000 FF (7 623 euros) par année, en 2002, 2003 et 2005, tout en continuant à demander des subventions spécifiques aux différents bailleurs de fonds, notamment dans le cadre du Contrat quadriennal 2002-2005. Elle a également mis à la disposition du programme un poste à mi-temps, l'ADPF continuant à prendre en charge les envois.
Le programme se développe donc désormais à partir des ressources propres de la FMSH. Il se développe également grâce à un gros travail de gestion et d'organisation des relations entre la FMSH et les institutions destinataires, d'une part, et d'autre part, entre la FMSH et les institutions ou les particuliers donateurs. Depuis quelques années, on a pu constater qu'une véritable dynamique "de l'offre et de la demande" s'est développée. C'est ainsi que certains chercheurs, venus travailler en France, complètent d'eux-mêmes, à l'occasion de leur séjour, avec des fonds provenant de leur université, des collections offertes par le programme d'aide aux bibliothèques de la FMSH.
Dans le cadre de cette dynamique, fonctionnant dans le réseau solide et fiable ainsi créé, il semble que l’octroi de subventions spécifiques apparaît plus que jamais indispensable, autant pour renforcer que pour reconnaître ce programme.





