Depuis plus de 10 ans, la Fondation Maison des sciences de l’homme, avec le concours d’éditeurs, de bibliothécaires et d’universitaires, est engagée dans un programme de soutien aux bibliothèques de recherche des pays défavorisés.
L’accès à la documentation la plus récente et la plus complète, est, comme chacun le sait, l’une des conditions indispensables au maintien d’un enseignement et d’une recherche de qualité sur les sociétés, en particulier si l’on veut atténuer la « fracture scientifique » séparant les chercheurs appartenant aux aires de développement inégal.
Si ce soutien de la FMSH s’est d’abord exercé en direction des spécialistes des sciences sociales et humaines des pays de l’Est, victimes des transitions économiques, il s’est très vite tourné vers les pays du Sud connaissant une situation de difficulté d’accès aux sources scientifiques : pauvreté structurelle, comme souvent en Afrique du Nord ou sub-saharienne, en Asie du Sud ou du Sud-Est, ou conjoncturelle comme pour certains pays d’Amérique latine frappés par la crise.
Il s’agit d’initiatives en faveur des chercheurs dont la connaissance des mutations sociales, à travers leurs propres disciplines, est indispensable à l’élaboration de réponses adaptées au progrès de leur société, ou bien encore de ceux dont la réflexion sur la spécificité de leur culture peut être nécessaire à la survie d’identités menacées.
De façon concrète, ce programme vise à répondre aux besoins de centres de recherches souhaitant disposer d’une documentation adaptée aux thématiques qu’ils étudient, lors même que la pénurie de moyens les condamne à une marginalisation intellectuelle.
Dans le cadre de ce programme, les demandes précises de documentation sont exprimées par les centres spécialisés et équipes destinataires, ou par les chercheurs eux-mêmes. Elle sont d’ordinaire ciblées sur des thèmes correspondant à des besoins concrets d’information concernant des secteurs névralgiques de la recherche. Cela explique que le programme puisse avoir, au dire même de ses bénéficiaires, d’importants effets démultiplicateurs.
La documentation est en effet utilisée directement par ceux à qui elle est destinée.
Ce programme constitue également un engagement en faveur de la francophonie : la quasi majorité des livres et périodiques offerts sont édités en France, en langue française, même si la FMSH s’autorise parfois à fournir de la documentation en langues étrangères à ceux qui en ont besoin, en particulier lorsque s’intéressant à la France, ils n’ont pas accès à notre langue mais cela reste rare.
A l’issue de 10 années d’essor, le programme d’aide aux bibliothèques qui a été maintenu grâce aux efforts de la FMSH (elle met notamment à sa disposition un emploi, des locaux et des moyens) et se nourrit de ses réseaux nationaux et internationaux, se trouve un peu à la croisée des chemins.
Il a besoin, pour continuer à jouer le rôle fondamental qui est le sien dans des environnements de pénurie, de bénéficier du concours de ses divers partenaires. Son réseau d’éditeurs français institutionnels ou privés a d’ores et déjà choisi de répondre présent à ses sollicitations.
Mais il faut souligner aujourd’hui que l’une des conditions de sa survie consiste dans le maintien de l’aide accordée, depuis l’origine, par le ministère des Affaires étrangères pour la prise en charge du transport des livres par voie de surface. Cette aide doit non seulement être maintenue mais portée à un niveau plus important que par le passé pour répondre aux nouveaux besoins.
Le Programme d’aide aux bibliothèques est avant tout un acte de soutien des chercheurs français aux chercheurs étrangers démunis. Il constitue, dans ce sens, un élément modèle de la politique culturelle de notre pays car fondé sur un mariage harmonieux entre les solidarités individuelles et la solidarité publique.
Le programme en données
Entre 1995 et 2012, environ 60 000 ouvrages et plus de 70 000 numéros de revue ont été envoyés à plus de 260 bibliothèques d’une centaine de pays.
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