Un terrain une histoire...
La maison des sciences de l’homme est bâtie sur un terrain chargé d'histoire humaine : c’est en effet là que se trouvait la communauté des Filles du Bon pasteur, fondée en 1686, pour les filles dévoyées sur le chemin du repentir ! Après la Révolution française, les lieux furent un temps un dépôt de vivres destinées aux troupes de la garnison de Paris, puis en 1851 devinrent la prison du Cherche-Midi jusqu'à sa démolition en 1961.
Au même moment, les sciences humaines sont nombreuses et dispersées dans des locaux dans tout Paris. L’idée est alors de les regrouper en un seul lieu afin de favoriser les échanges entre les chercheurs. La démolition de la prison offrait au cœur de Paris une véritable opportunité de créer ce centre de recherche en sciences sociales. Le projet soutenu par la Fondation Ford pouvait enfin voir le jour.
Des originalités technologiques et architecturales qui font progresser la construction
Les architectes du bâtiment MM. Lods, Depondt, Beauclair et Malizard devaient intégrer l’environnement particulier du travail de chercheur, en créant des conditions de travail, notamment de concentration et de calme, isolé du bruit continu du boulevard Raspail. Cette donnée a eu pour effet de créer des façades totalement étanches au bruit et du même coup une climatisation complète du bâtiment.
Le respect du site et la volonté d’ouvrir la perspective au piéton conduiront également à construire des bâtiments légèrement en retrait des axes des immeubles de la rue du Cherche-Midi. Par ailleurs, le bâtiment pour correspondre aux fondamentaux de la Fondation MSH se devait d’être ouvert sur le monde, ce qui explique outre le choix de façades de verre, la transparence totale du hall d'accueil, avec une vue très « moderne » sur le jardin intérieur.
Structure métallique précontrainte, collaborant avec les dalles de béton formant le plancher
Dans le budget imparti, répondre aux besoins de service imposait d'abandonner les solutions traditionnelles se révélant trop coûteuses pour choisir une structure dont le principe sans être récent est encore nouveau. Il s'agit du système de construction métallique précontrainte au montage et collaborant avec les dalles en béton armé formant plancher système mis au point par Léon K.Wilenko.
Ce dispositif permet de réaliser un gain appréciable de 20% en comparaison avec les structures métalliques traditionnelles et d'au moins 50% sur l'acier, en particulier si l'on fait s'encastrer les poutrelles par soudures dans les poteaux subissant une contrainte dans le sens inverse et continuant de travailler une fois l'ouvrage terminé.
L'ordinateur joue un rôle clé dans les calculs pour adopter cette structure qui devait être la première au monde de cette taille.
Une façade mobile par le jeu des lumières et des volets
La structure érigée les façades pouvaient être posées. Leurs innovations tenaient aux nécessités de calme pour les lecteurs et chercheurs avec un éclairage maximal des locaux.
Pose des façades qui ne nécessite que 3 hommes
La recherche également d'esthétisme de l'ensemble une grande sobriété alliée à une mobilité de l'ensemble constante est rendue possible grâce au choix des matériaux aluminium et vitrage : l'ensemble reflète l'environnement comme un immense miroir !
Pose des volets métalliques
Quant au jeu de lumière, il est donné par les occupants eux-mêmes par l'éclairement de leur bureau et en jouant avec leur volet ! "C'est en quelque sorte une expérience raisonnée d'architecture spontanée".
Des bâtiments-tyrans aux bâtiments-serviteurs : les cloisons amovibles.
Enfin selon Marcel Lods, l'un des architectes il est temps de sortir des bâtiments-tyrans qui contraignent l'organisation du travail, pour aller vers des bâtiments serviteurs qui vont pouvoir se monter et se démonter en fonction des besoins et des évolutions.
Dès l'origine de la conception du bâtiment la solution des cloisons amovibles est retenue, permettant de répartir l'espace en fonction des besoins. Ces cloisons sont réalisées en bois et panneaux de particules : simples et rapides à monter ou à démonter.
La solution technique répond aux fondamentaux de la FMSH
Cette technique était effectivement indispensable au principe même de la fondation, qui doit adapter, au gré des programmes de recherche, son espace pour accueillir des équipes variées en nombre et surtout temporaires.
Ainsi, elle peut répondre à un de ses fondamentaux : l'accueil de chercheurs, en leur apportant des conditions de travail adaptées à leur besoins.
















