On a mangé nos moutons. Le Kirghizstan du berger au biznesman

Une « société de trafics » au cœur de la mondialisation
Par Boris Pétric
Belin/Éditions de la Maison des sciences de l'homme, Janvier 2013, 160 p.
Collection "Anthropolis" dirigée par Marc Abélès et Boris Petric
ISBN 978-2-7011-6504-2
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Le Kirghizstan est une sorte d’anti-Chine qui, après l’effondrement de l’URSS, a choisi la libéralisation économique et politique. Quelques années plus tard, ce pays ne produit plus rien et développe une dépendance très forte à l’égard de l’extérieur, et de l’aide internationale en particulier. La principale ressource, l’élevage du mouton, a été totalement décimée par les réformes proposées par les grandes institutions internationales. Laminés par la privatisation et abandonnés par Moscou, les Kirghizes font aujourd’hui de « l’ouverture » une stratégie très subtile pour capter et se réapproprier toutes formes de ressources pouvant venir de l’extérieur.
À travers une enquête de terrain minutieuse, Boris Petric décrit, non sans humour, les multiples rencontres parfois cocasses et souvent teintées d’incompréhension entre la population locale et toutes les bonnes volontés étrangères venues les réformer. ONG, fondations philantropiques, agences internationales et de nombreux missionnaires en tout genre tentent de peser sur la réorganisation de cette société. Cet ouvrage nous interpelle face à la multiplication de ce type de « société de trafics » dans le contexte de la globalisation.
Sommaire
Où sont passés nos moutons ?
Le laboratoire de la bonne gouvernance
Élections et promotion de la démocratie
La faillite de la maison commune
Le bazar : symbole d'une société de trafic
Société civile et observation électorale
La transnationalisation du politique
L'auteur
Boris Pétric est anthropologue au centre Norbert Elias (EHESS/CNRS) à Marseille.
Après avoir travaillé sur des questions d’ethnicité en ex-Yougoslavie, il prolonge son intérêt pour l’espace post-socialiste en analysant la recomposition des pouvoirs politiques en Asie centrale. Son ouvrage Pouvoir, don, réseaux en Ouzbékistan postsoviétique (Paris, PUF, 2002) a été couronné par le prix Le Monde de la recherche universitaire. Il assure un enseignement d’anthropologie politique à l’EHESS (Paris et Marseille) et pratique également l’anthropologie visuelle.
La collection "Anthropolis" en coédition Belin et Editions de la Maison des sciences de l'homme publie deux autres ouvrages en janvier : Alexandra Ouroussof, Triple A, une anthropologue dans les agences de notation et Sophie Chevalier, Emmanuelle Lallement et Sophie Corbillé, Paris, résidence secondaire





