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Après le succès de l’exposition « La passion à l’œuvre, Rodin et Freud collectionneurs », présentée au musée Rodin en 2008, le musée Rodin et la Fondation MSH, partenaire de l’exposition, ont décidé de prolonger la visite et d’ouvrir le débat en créant sur internet les archives vivantes de l’exposition.
L’exposition
La passion à l'œuvre, Rodin et Freud collectionneurs
Construite autour d'une centaine d'œuvres, l'exposition « La passion à l’œuvre, Rodin et Freud collectionneurs » réunit les deux collections (1) débutées par les deux hommes au cours des années 1890 dans une construction purement intellectuelle.
Au-delà de la présentation des œuvres d’art, l’exposition illustre le rapport à l’antique que les deux hommes entretiennent, éclairé par de nombreux documents d’époque (lettres, photographies). Elle dévoile par ailleurs les liens entre collection et création, tout en mettant en valeur la spécificité, l'enjeu et le sens de chaque collection.
Chacun intègre la collection au centre de son travail, l’antique se fond dans la création, donnant naissance à des œuvres hybrides et mystérieuses : les assemblages de Rodin et les associations de Freud, qui voit dans la psychanalyse une forme d’archéologie. La Gradiva, prêt exceptionnel du musée Chiaramonti au Vatican, témoigne ainsi de l’élaboration des recherches psychanalytiques de Freud.
Si les deux collectionneurs ne se sont jamais rencontrés, des personnalités marquantes les ont connus l'un et l'autre ; ainsi sont évoqués dans cette exposition, entres autres « passeurs d'idées », Rainer Maria Rilke, Lou Andreas Salomé, Stefan Zweig, Hugo Heller et Marie Bonaparte qui ont contribué au rayonnement des œuvres de Rodin et Freud.
Les journées d’études
Deux journées d’échange et de réflexion ont été co-organisées par la Fondation MSH autour de trois thèmes (« Retour aux sources », « Portraits de quelques passeurs d’idées », « Gradiva, la femme qui marche ») les 16 et 17 janvier 2009, permettant ainsi de poursuivre la confrontation des collections et des œuvres dans une optique pluridisciplinaire (sciences humaines, littérature comparée, archéologie, histoire de l’art, histoire du goût, philosophie, psychanalyse).
Ces journées d’études ont également rendu hommage à Hugo et Clemens Heller, tout deux passeurs d’idées et inventeurs de lieux d’échanges et de diffusion de l’art et de la pensée de leur temps, qui font le lien entre le musée Rodin et la Fondation : Hugo, le père, éditeur de Freud à Vienne, a exposé les dessins de Rodin dans sa galerie d’art, alors que son fils, Clemens, est l’un des fondateurs de la MSH à Paris.
Le site internet
Espace novateur, ce site internet, initié par la Fondation MSH (programme DEVAR) et produit en partenariat avec le musée Rodin, fait ressortir la richesse de l’exposition et des manifestations organisées à cette occasion.
Il va au-delà de la simple exposition virtuelle, en invitant l’internaute à poursuivre la réflexion dans un espace à la fois lieu de mémoire, de recherche et de dialogue :
– en écoutant les trois conférences « Un autre regard », visites inédites de l’exposition par Jean-Paul Demoule (archéologue), Anne et Patrick Poirier (artistes) et Michelle Moreau Ricaud (psychanalyste),
– en visionnant neuf des interventions des journées d’études.
L'internaute peut également y retrouver l’intégralité des contenus didactiques ainsi qu’une médiathèque donnant accès aux dernières pages du catalogue et à une bibliographie raisonnée de Rodin et de Freud.
De nombreux intervenants, artistes ou chercheurs sont régulièrement invités à réagir aux thématiques de l’exposition, contribuant ainsi à la vie de ces archives.
Accessible au plus grand nombre, ce site internet est un véritable terrain d’expérimentation pour les deux institutions qui s’associent pour la première fois dans leurs missions de recherche et de diffusion.
(1) En 1916, Rodin fait don de ses collections, dont celle d’antiques, de ses photographies, de ses archives ainsi que de son œuvre, sculptures et dessins, à l’État français afin de constituer un musée. Elle comporte plus de 6 000 objets, des œuvres de toutes provenances, de toutes époques, où prédominent les arts égyptien, grec et romain, mais aussi du Moyen-Âge et d’Extrême-Orient.
Composée de plus de 2 000 œuvres issues des mêmes grandes civilisations, la collection de Freud est déménagée en 1938, avec sa bibliothèque, de Vienne à Londres, où le Freud Museum ouvrira ses portes en 1986, suivant la volonté de sa fille cadette, Anna Freud.
La création de ces deux musées a non seulement permis de préserver ces collections archéologiques de la dispersion, mais surtout de les maintenir dans une étroite proximité avec leur œuvre propre et leur bibliothèque.
Journées d’études
16 et 17 janvier 2009.
Présentation par Dominique Viéville (directeur du musée Rodin) et Bénédicte Garnier (commissaire de l'exposition)
Retour aux sources
(sous la présidence de Bénédicte Garnier)
– Natasha Ruiz-Gomez : Rodin et Freud : les liens à travers l’hystérie et Jean-Martin Charcot
– Liliana Marinescu-Nicolajsen :
Pèlerinages de Rodin et de Freud. Italie - une destination commune
– Edmundo Gomez Mango :
Freud, le mythe et les dieux
Portraits de quelques passeurs d’idées
(sous la présidence de Claude Imbert)
– Isabelle Mons :
Lou Andreas-Salomé. Un nouveau regard au service de la création
– Élisabeth Roudinesco :
Freud et Marie Bonaparte
– John Forrester :
Freud’s working collection : between science, art and symptom |
Gradiva, la femme qui marche
(sous la présidence de Alain Schnapp)
– Alain Schnapp :
Hommage à Hugo et Clemens Heller
– Film de Raymonde Carasco : À propos de Gradiva. Esquisse I
– Paul-Laurent Assoun :
Plastique du fantasme et fantasme plastique : « l'effet Gradiva » (Freud avec Rodin)
– Claude Imbert :
Gradiva, une passante
– Amélie Lavin :
Expanded Gradiva : WW ou la Walking Woman. Autour de la Femme qui marche de Michael Snow
Table ronde finale
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