Le Centre de coopération franco-norvégienne
a fêté ses 10 ans !
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Kirstin Skjelstad

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CCFN

Sommaire de l'article
1 –  Le CCFN a fêté ses 10 ans !
2 –  Colloque sur Hamsun, la modernité et le modernisme
3 –  Chercheurs ayant bénéficié de l'accord NFR-FMSH depuis 2006
4 –  Retour sur des manifestations scientifiques


Hébergé à la Fondation depuis sa création en 1998, le Centre de coopération franco-norvégienne en sciences sociales et humaines (CCFN) vient de fêter ses 10 ans avec un événement pluridisciplinaire qu’il a souhaité inscrire dans le cadre de l’Année Hamsun (1) qui marque le 150e anniversaire de la naissance de l’écrivain norvégien, prix Nobel de littérature en 1920.

Un 10e anniversaire pluridisciplinaire

Les journées-événements, coorganisées du 29 au 31 octobre avec l’ambassade de Norvège, ont débuté à la Maison du Danemark par la projection du film Faim (2), dont la coproduction norvégienne, danoise et suédoise a été réalisée par Henning Carlsen à partir du roman de Knut Hamsun paru en 1890.

Elles se sont poursuivies avec un colloque sur Hamsun, la modernité et le modernisme, au musée des Arts et Métiers, qui visait à clarifier la relation de Hamsun aux conditions sociales de son époque et de mettre en lumière la connexion de Hamsun au processus de modernisation culturelle et au mouvement appellé modernisme. Les interventions des cinq chercheurs français et norvégiens ont été introduites par Paola de Cuzzani, directrice du CCFN et Michel Wieviorka, administrateur de la FMSH.

Ces journées se sont enfin conclues sur le vernissage de Håkon Gullvåg, le peintre norvégien ayant illustré l’œuvre de Hamsun Pan, à la galerie Nivet-Carzon (3).

Un relais entre la France et la Norvège en matière de SHS

Le CCFN, formellement hébergé par la FMSH, constitue un dispositif particulier dans le domaine des relations bilatérales. Il vise à soutenir et promouvoir, consolider et développer la coopération entre la France et la Norvège dans les domaines des sciences humaines et sociales (SHS).
Financé par six universités norvégiennes (Oslo, Bergen, Trondheim, Tromsø, Agder et Stavanger) mais plus particulièrement rattaché à Oslo, le centre est considéré comme l’une des quatre « stations » norvégiennes à l’étranger, aux côtés des centres de Rome, Athènes et Saint-Pétersbourg.

Il a plus particulièrement fonction de faciliter la prise de contact entre chercheurs français et norvégiens et notamment d’assister à l’élaboration de projets de recherches communs, à la planification et à l’organisation pratique de manifestations scientifiques (colloques, séminaires, journées d’études, conférences), d’aider à la publication d’ouvrages et revues en SHS. Parmi les thématiques développées depuis sa création pour favoriser des projets et réseaux de recherche, le CCFN a favorisé le statut de l’étranger, la mobilité et le métissage, la phonologie, la linguistique, la production et la transmission du savoir.
À signaler notamment entre les différents colloques et journées d’étude consacrées aux sciences sociales, politiques et linguistiques dédiées aux problèmes des minorités, des différences culturelles, des espaces urbains ou à des sujets philosophiques, le colloque organisé en hommage a Claude Lévi-Strauss en 2008 et le colloque organisé en 2009 en hommage au fondateur de l'écologie profonde Arne Næss, l’un des philosophes norvégiens les plus important.

Il soutient et coordonne également des séjours de recherche en Norvège et en France.

Enfin, depuis peu, il cherche à s’intégrer dans les cursus d’enseignement d’écoles doctorales norvégiennes avec des formations à destination de doctorants norvégiens dispensées par des enseignants français, à la Fondation MSH.
À signaler notamment en 2009 : « Political discourse on the European Union in a multidisciplinary perspective » (université de Bergen), « Between intellectual history and history of science » (université de Bergen), « The School of Annales : basic historical problems » (université de Trondheim) et « Texte et oeuvre » (université d’Oslo).

étachés d’universités norvégiennes depuis 2002, l’un comme directeur généralement pour deux ans, l’autre comme chercheur pour une année.
Il a ainsi pu bénéficier des expériences et des réseaux à la fois de recherche et de gestion de la recherche de : Rolf Tobiassen (1998), Bjarne Rogan (1999-2002), Per Kværn (2002-2003), Arild Utaker (2002-2003), Saphinaz-Amal Naguib (2004-2006), Per Buvik (2004, 2006), Marit Melhuus (2005), Elizabeth Lanza (2007, 2008), Kristine Bruland (2006-2007), Marek Thue Kretschmer (2008), Paola de Cuzzani (2008-2009) et Jostein Gripsrud (2009-2010).
Bjarne Rogan (université d’Oslo) remplace Paola de Cuzzani au poste de directeur du CCFN en janvier 2010.

Comme en témoigne Bjarne Rogan, 1er directeur du centre, « sans les mille conseils et l’intérêt que nous a témoigné Maurice Aymard [administrateur de la Fondation de 1994 à 2006], et sans l’expérience et les contacts d’Elina Almasy [soutien administratif jusqu’en 2006] avec les milieux français et norvégiens, aucun centre n’aurait pu se développer et prospérer ».

Le CCFN et la FMSH

Le CCFN organise de nombreuses réunions et manifestations scientifiques au 54 boulevard Raspail et participe ainsi à la mise en réseau de la Fondation avec les institutions norvégiennes.

Cependant, la coopération entre la FMSH et le CCFN repose principalement sur un accord entre le NFR (équivalent du CNRS en Norvège) et la Fondation pour la mobilité de chercheurs de part et d’autre. Il constitue ainsi le pilier de la politique scientifique de la Fondation avec ce pays.
Depuis 1999, plus d’une quarantaine de séjours courts de chercheurs français en Norvège et de chercheurs norvégiens en France ont ainsi pu bénéficier de soutien, le déplacement étant pris en charge par le pays d’origine, le séjour par le pays d’accueil.


(1) Prix Nobel en 1920, écrivain de génie universellement admiré, célébré par les plus grands, d’Octave Mirbeau à Henri Miller, Knut Hamsun jouit d’un statut singulier.
Tous ses livres ont été traduits en France, souvent deux fois, une fois avant la seconde guerre, une deuxième fois dans les années 50 et 60 ; mais pour beaucoup il demeure l’homme d’un seul roman, Faim, auquel les lecteurs les plus audacieux ajoutent ce pur chef-d’œuvre qu’est Pan. Des livres aussi beaux que Femmes à la fontaine, Victoria, ou Auguste le Marin (le héros hamsunien devenu vieux) sont encore enveloppés d’ombre.
Un second constat qui touche aux engagements politiques de l’écrivain vieillissant brouille les traits de Knut Hamsun. Durant la seconde guerre mondiale, il se déclare en effet collaborateur enthousiaste de l’Allemagne, rencontre même Hitler et gagne ainsi la haine de tout son peuple qui naguère l’adulait. La guerre achevée, Hamsun est jugé puis envoyé dans un hospice et considéré comme gâteux.
Par une ultime rouerie, le supposé gâteux écrit son propre plaidoyer en 1949, Le sentier où l’herbe repousse, un nouveau chef d’œuvre.

(2) Avec le roman Faim, paru en 1890, Knut Hamsun a connu son premier grand succès et Henning Carlsen a réalisé en 1966 le plus célèbre de ses films à partir de ce roman. Per Oscarsson, acteur principal du film, a reçu le prix d’interprétation à Cannes en 1966.
Un jeune écrivain, après un long séjour à l’étranger, revient en Norvège. Bientôt à bout de ressources et à jeun, ne parvenant pas à publier ses textes, le personnage se trouve dans une situation misérable. Sa faiblesse est telle que son esprit s’égare et il mêle rêve et réalité. Il idéalise une jeune fille de la société bourgeoise et la recherche sans cesse… Il est réduit à la misère la plus abjecte et endure d’intolérables souffrances physiques et morales en proie aux affres de la faim.

(3) Exposition Håkon Gullvåg à la galerie Nivet Carzon
Le peintre Håkon Gullvåg, reconnu comme l’un des plus importants artiste norvégien a exposé à la Galerie Nivet-Carzon du 23 octobre au 7 novembre 2009. Il a d’abord débuté sa carrière par l’exploration de la peinture abstraite et figurative et ce n’est qu’à partir des années 70 qu’il s’est affirmé comme peintre d’expression figurative.
Hakon Gullvag est un peintre-poète qui sait associer sa force créatrice et son regard personnel avec un engagement et un sens de la controverse. L’un des derniers thèmes qu’il a abordé, sur la guerre israélo-palestinienne, lui a valu de nombreuses critiques tout en renforçant l’idée de la « contemporanéïté » de son travail autant dans les thèmes abordés que dans les références.
Cette exposition, plongeant le visiteur dans un univers à mi-chemin entre le rêve et la réalité, présentait notamment une série de portraits de papes et des lithographies sur le thème du roman Pan de Knut Hamsun écrit en 1894. Elle témoigne d’une sensibilité « poético-politique » et semble faire du projet esthétique mené par Håkon Gullvåg le lieu d’exploration des affres autant que de la légèreté des sentiments humains.
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