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Colloque international, Paris, du 27 au 29 avril 2009
À l’initiative du programme Proche et Moyen-Orient / FMSH et en partenariat avec le Centre d’études des relations internationales (CERI), le Centre de recherches pour le développement international (CRDI, Canada), l’Institut interdisciplinaire de l’anthropologie du contemporain (IIAC), le Centre d’analyse et d’intervention sociologiques (CADIS), le Laboratoire d’anthropologie des institutions et des organisations sociales (LAIOS / CNRS), un colloque international a été organisé sur la problématique du chiisme face aux questions contemporaines. Cet évènement exceptionnel a réuni un nombre important de chercheurs et personnalités reconnus pour leurs apports scientifiques : le philosophe iranien Abd al-Kareem SOROUSH, le théologien réformateur Mohammad Mojtehid SHABESTARI, les sociologues Farhad KHOSROKHAVAR, Azadeh KIAN-THIEBAUT et Saoud EL-MAWLA, l’historien Robert GLEAVE, les politologues Jabir Habeeb JABIRr, Juan COLE, Reidar VEISSER, Amer Hasan FAYAD, Tawfiq AL-SEIF et Laurence LOÜER ainsi que d’autres chercheurs en sciences sociales venant de centres de recherche et universités du Moyen-Orient, d’Europe et des États-Unis.
Ce colloque s’est par ailleurs révélé original sur plusieurs autres aspects : d’abord du fait de la présence d’acteurs religieux éclairés mais aussi par la contribution de plusieurs centres d’études théologiques de Nadjaf en Irak (avec la participation du Grand Ayatollah Sayed Mohammad Bahr AL-OLOM) et de Qom en Iran. Tout a été mis en œuvre pour faciliter l’échange scientifique et la communication des connaissances y compris au niveau linguistique. Ainsi, les trois langues du colloque, anglais, arabe et français, ont été traduites simultanément.
Sur le fond, cette rencontre scientifique est arrivée à point nommé, quelques semaines seulement avant les dernières élections iraniennes et leurs conséquences actuelles et à venir. En effet, depuis 1979, date de la Révolution islamique iranienne, le chiisme ne s’est jamais autant retrouvé, sur le plan régional et international, au cœur des débats : l’ascension du Hezbollah au Liban, la chute du régime Taliban en Afghanistan, la revendication politique et identitaire des communautés chiites dans les pays du Golfe, la déposition de Saddam Hussein en Irak, etc. Tous ces évènements et transformations politico-sociétales ont été perçus, vus et analysés comme représentant une avancée stratégique majeure de l’Iran, et plus largement du chiisme politique dans la région. Cette réalité donne trop souvent lieu à des analyses réductrices, particulièrement au regard des évolutions contrastées des différentes sociétés où les chiites sont majoritaires ou bien forment une minorité souvent exigeante et mobilisée.
Le colloque s’est également décentré par rapport aux préoccupations actuelles pour s’intéresser aussi aux sources du réformisme et fondamentalisme chiite, incitant à l’exercice comparatif permettant de saisir les modes de fonctionnement des institutions théologico-historiques chiites telle la Hawza et l’importance et la nature des rapports qu’elles entretiennent entre elles (coopération / compétition entre Nadjaf et Qom, par exemple) ; la sacralité de l’espace comme point fixe de la reproduction identitaire (le pèlerinage des lieux saints chiites ; l’évolution de la marja’iyya (autorité religieuse) ; le chiisme face aux défis de la modernisation de la loi religieuse ; la question du genre ; la place de l’individu dans la société contemporaine ; le chiisme et l’autre (non-chiite, non-musulman, non-religieux, non-monothéiste, etc.).
Des travaux importants ont déjà été réalisés auparavant concernant la problématique du chiisme mais ce colloque a eu le mérite de poser des questions nouvelles qui réactualisent certainement les débats. |
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