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Programme thématique de recherche |
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Pays concernés
Mauritanie, Algérie, Libye, Mali, Niger, Tchad, Soudan |
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Repères chronologiques
1916-1917
Révolte de l'aristocratie guerrière locale contre un pouvoir colonial naissant et déjà fragilisé par le front européen (1re guerre mondiale)
1962-1963
Révolte touarègue (Adrar n Ifoghas, Mali, frontalier à l'Algérie) dans un contexte de décolonisation et de création de l'OCRS (Organisation commune des régions sahariennes sous administration française visant à séparer l'Algérie de l'Afrique sub-saharienne)
Découverte des richesses en pétrole et en gaz (Algérie)
Création du ministère du Sahara
1990-1995 / 1997
Rébellions (Mali, Niger) dans un contexte d'effondrement de l'URSS, de l'avènement du multipartisme, de l'émergence des conférences nationales souveraines en Afrique de développement des relations multilatérales
Émergence des ONG et de la notion de « société civile »
Depuis 2006
Rébellions (Mali et Niger) dans des contextes inédits, radicalement nouveaux, notamment dans le septentrion nigérien, où les multinationales (France, Chine, Australie, Canada, etc.) se battent pour le contrôle des ressources minières (uranium, pétrole, gaz), le tout frontalier à la Libye, à l'Algérie et au Tchad (sous rébellions quasi-permanentes...)
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Contacts
– André Bourgeot
(LAS / CNRS)
– Géraud Magrin
– Tilman Musch
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Anthropologie des conflits et frontières
Le projet, soutenu par la FMSH depuis 2008, combine d'une manière organique trois types d'approches qui comparent, pour l'heure, les situations nigériennes et maliennes. L'espace géopolitique à appréhender concerne : la Mauritanie, l'Algérie, la Libye, Le Mali, le Niger et dans un proche avenir le Tchad, voire, à terme, le Soudan.
Approche politico-historique
Elle se fonde, dans l'immédiat, sur un rappel des révoltes et rébellions armées touarègues, contextualisées, et vise à décrire et analyser leurs principales caractéristiques situées, pour les plus récentes (depuis 2006), dans de nouveaux enjeux mondiaux animés par de nouveaux et puissants acteurs (multinationales, organisations islamistes).
Cet espace saharo-sahélien, où les frontières étatiques sont incontrôlées car difficilement contrôlables, constitue des aires de refuge actif (salafistes d'Al Qaïda au Maghreb Islamique / AQMI), des zones de transit (acheminement de cocaïne et sans doute d’armes), des attributions de concession d'activités extractives (compétition entre multinationales et grandes compagnies pétrolières nationales, algériennes et chinoises), des revendications de nouvelles territorialités (les rébellions touarègues dans des contextes de décentralisation et de déconcentration de l'État), d'implantation de bases militaires étrangères (troupes américaines).
Sur la base de ces constats, peut-on avancer d'une part l'hypothèse de mise en œuvre de processus radicalement nouveaux de recomposition de zones d'influence dans cette partie de l'Afrique, qui déstabiliserait, à partir de l'extérieur ou à partir de « zones tampons frontalières », les États concernés, c'est-à-dire à partir de la périphérie des territoires sur lesquels ces États sont censés exercer leur souveraineté et leur autorité ?
Peut-on avancer d'autre part l'hypothèse d'un « découpage-maillage » ou d’une « spécialisation d'espaces sahariens territorialisés », placés de facto sous l'influence ou le contrôle de groupes autonomes (salafistes, rébellions touarègues, « territoires-concessionarisés », réseaux-itinéraires d'acheminement de la drogue). En d'autres termes, assiste-t-on à de nouvelles formes de « territorialités » internes aux États-Nations concernés qui demeurent partie prenante de cet espace saharo-sahélien extrêmement flexible ? Quelles répartitions spatiales en œuvre ? Quels pouvoirs de l'État central dans ces processus ? Dans ces conditions, des formes de « territorialisation » de l'État-Nation ne sont-elles pas actuellement en œuvre qui, pour l'heure, s'exprimeraient par l'attribution de « statut particulier » ou d'autonomisation de certains espaces nationaux ?
Approche géopolitique et développement
Sur la base de ces hypothèses qui devront être confirmées ou infirmées, il convient d'accorder une étude particulière aux activités extractives (pétrole, gaz, uranium), appréhendées dans des dimensions et perspectives comparatives.
Cette étude, qui reste à faire, est une des trois composantes organiques du projet.
D'une manière générale, elle s'appuie sur la notion de « malédiction des ressources naturelles » et vise à analyser les singularités des trajectoires nationales ou régionales et la complexité des relations entre les ressources extractives et leurs environnements.
D'une manière comparative et plus spécifique, il s'agira de collecter des éléments permettant de comparer deux pays sahéliens (Tchad et Niger), deux ressources extractives (pétrole et uranium) et deux types d'acteurs (compagnies minières / pétrolières occidentales et chinoises).
Ce questionnement se déclinera à plusieurs niveaux :
– Comment l'environnement est-il évoqué dans les débats autour des questions minières dans les pays considérés ? Quels en sont les débats ? Quelles sont les différences d'approche de cette question entre les multinationales occidentales et les entreprises nationales chinoises ou algériennes ?
– Comment les enjeux miniers et leurs dynamiques influencent-ils la géopolitique interne de ces États ? En quoi modifient-ils l'imaginaire du territoire, les identités régionales et les relations avec le pouvoir central ? Les relations entre le pouvoir et le territoire ?
Quelles places occupent ces États-Nations dans les stratégies mondiales ou régionales des multinationales minières occidentales ou des sociétés nationales, chinoises ou algériennes, qui y interviennent.
Approche environnementale et juridique
Au même titre que l'anthropologie politique, cette approche se fonde sur une étude de cas qui vise à appréhender les conflits issus des conditions d'accès et d'utilisation des ressources naturelles (pâturages et eaux) par des « groupes ethniques » (Peuls, Arabes et Toubous) aux structures sociales et aux rationalités économiques différentes. Ces groupes se rencontrent, se côtoient et s'opposent dans la circonscription administrative de Diffa (Niger) qui connaîtra une très prochaine extraction de pétrole et la création d'une raffinerie à Zinder (Niger), proche du Nigéria voisin et premier producteur de pétrole en Afrique.
L'approche anthropologique des conflits est centrée ici sur les acteurs. C'est ainsi que le droit abordé en tant que procès inclut une analyse élargie des conflits potentiellement générés par des situations politiques et économiques inédites dans des situations où interviennent des activités extractives.
Quelles sont les éventuelles conséquences de ces activités sur les écosystèmes pâturés ? L'attribution de concession de prospection et d'exploitation minières ampute-t-elle les espaces pâturés (les terrains de parcours) et contribue-t-elle à une dégradation de l'écosystème sous forme de pollution de l'environnement (nappe phréatique et espèces végétales) ?
Cette étude, dont le repérage s'est effectué aux mois d'avril-mai 2009, se poursuivra sur la base de deux questionnements principaux :
– Quelles sont les conditions d'émergence des conflits « traditionnels » autour des pâturages et des points d'eau combinés à ceux provoqués, le cas échéant, par les activités extractives ?
– Quels sont les rôles assurés par les lois nationales et les conventions internationales qui régissent la protection de l'environnement dans ces contextes inédits ? Que deviennent les droits coutumiers et musulmans d'autant que les représentations et les comportements à l'égard des ressources naturelles sont codifiées par la religion musulmane ? On s'interrogera alors sur les rapports que l'islam entretient avec l'écologie.
Perspectives
À la faveur des études de terrain, celles-ci devraient déboucher sur la tenue d'un colloque international qui combinerait des communications d'ordre divers mais qui se recoupent.
En permanence.
– Anthropologique
Les pouvoirs locaux. Nouveaux enjeux au sein des chefferies concernées et nouveaux acteurs politiques. Mobilité politique et rébellions armées. Stratégies de l'État et à l'égard de l'État (rébellions, milices, groupes d'auto défense : les dimensions ethniques des conflits armés)
– Géopolitique
Rôle des multinationales et des stratégies des États riverains. Répartition des concessions de prospection et d'extraction minières et recensement des sociétés et compagnies intervenantes
– Sécuritaire
Rôle, capacités et pouvoirs réels des forces en uniforme (gendarmerie, militaires, douaniers, forestiers) dans la protection des frontières et de l'environnement, dans la lutte contre l'acheminement de la drogue, contre le bras armé de l'extrémisme religieux.
Les conventions internationales interétatiques
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Religieux
L
'islam confrérique. Assiste-t-on à une montée « rigoriste » (non extrémiste) de l'islam qui régirait les comportements des populations concernées ? Quelles sont les activités sociales des associations à caractère religieux (quels sont les pays donateurs) ? Islam « traditionnel » et salafisme : l'influence de l'AQMI dans l'espace saharo-sahélien. |
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