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En janvier dernier commençait la campagne pour l’élection du nouvel administrateur de la Fondation MSH. Le 31 mars, Jean-Frédéric Schaub et Michel Wieviorka déposaient leur candidature.
Deux votes (Conseil des directeurs des centres hébergés et Conseil d'administration), eux-mêmes consécutifs chacun à une audition des candidats ont permis d’élire, en juin dernier, Michel Wieviorka comme administrateur de la Fondation.
Voici ses intentions pour la FMSH pour les quatre années à venir :
« Mon point de départ est la situation des SHS françaises, et leur place dans le monde, dans l'ensemble déclinante : je souhaite contribuer à redresser cette situation, et suis convaincu que la FMSH dispose pour ce faire d'atouts considérables.
Et puisque le déclin est d'ordre scientifique, je considère que l'essentiel est d'afficher de fortes ambitions en la matière, que je résumerai par quatre adjectifs : nous avons besoin d'une politique scientifique qui soit pluridisciplinaire, interdisciplinaire, internationale et « globale ».
Mais une telle politique n'est possible que si, sur quatre grands dossiers au moins, la FMSH s'avère capable de préparer son avenir institutionnel :
– le relogement provisoire, qui doit être digne et adapté à notre vocation et à notre type d'activités
– le développement de l'IEA-Paris, pour lequel des discussions doivent être menées avec divers partenaires, actuels ou éventuels, scientifiques ou institutionnels, à commencer par la Ville de Paris
– la bilocalisation éventuelle de la FMSH, dans Paris intra-muros, mais aussi sur le campus Condorcet, si ce projet s'avère conforme à notre politique scientifique et si notre rôle doit être lié, précisément, à ce qui est notre vocation
– le retour au 54 boulevard Raspail, qu'il n'est réaliste d'envisager que s'il est associé à un projet ambitieux, incluant l'IEA et diverses autres initiatives novatrices.
J'ajoute que, par tempérament, je suis un homme de dialogue, de négociation et de conciliation. J'entends bien développer des relations harmonieuses et confiantes avec nos partenaires, en général, et avec l'EHESS, en particulier, tout comme je serai toujours soucieux de la bonne qualité des relations internes à la Fondation. »
Sociologue formé par Alain Touraine, à qui il a succédé en 1993 à la direction du Centre d'analyse et d'intervention sociologiques (CADIS), Michel Wieviorka est directeur d'études à l'EHESS depuis 1989.
Ses travaux ont porté sur les mouvements sociaux, puis sur diverses figures du mal – le terrorisme, la violence, le racisme, l'antisémitisme –, ainsi que sur les questions de différence culturelle. Il a mené des recherches en France, mais aussi à l'étranger, dans plusieurs pays d'Europe, au Liban, en Amérique latine.
Il a créé en 1999 un mensuel, qui a fonctionné pendant plus de deux ans, Le Monde des débats, avant d'être liquidé par le Nouvel Observateur devenu entre temps son principal actionnaire. Il a co-dirigé avec Georges Balandier les Cahiers internationaux de sociologie, et participe à plusieurs comités scientifiques de revues étrangères.
En 2006, il a été élu pour quatre ans président de l'Association internationale de sociologie, ce qui confirme son ancrage dans des réseaux internationaux et sa participation à une vie intellectuelle « globale » – articulant des préoccupations et des modes d'approche généraux, à l'échelle de la planète, à des analyses souvent localisées, notamment en France.
Son dernier ouvrage : 9 leçons de sociologie (Robert Laffont, 2008), est tout à la fois un bilan théorique et un effort pour projeter l'analyse sociologique vers l'avenir. |
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