Hommage à Bernhard Wilpert.
   
 
 
 
Disparu en août 2007, à l’âge de soixante et onze ans, Bernhard Wilpert a été l’un des « pères fondateurs » du Réseau ENOP (1), créé il y a plus de vingt-cinq ans, sous les auspices de la Fondation Maison des sciences de l’homme, et toujours « porté » par elle. Par sa direction protectrice, sa chaleur humaine, son érudition, il a non seulement contribué au développement de l’ENOP mais aussi et surtout, à la construction d’une identité pour la psychologie européenne du travail et des organisations. Il a également été l’un des tout premiers chercheurs à mettre l’accent sur la collaboration entre l’Europe de l’Est et de l’Ouest, où il comptait de nombreux collègues et amis.

Tout au long de son mandat au sein de l’ENOP, il a été au principe même de nombreuses activités, telles le développement du « modèle de référence de curriculum européen de psychologie du travail et des organisations » (2), ou les universités d’été pour étudiants de doctorat et jeunes professionnels, ou encore une série d’ateliers de travail internationaux, d’abord sur la technologie de l’information puis sur le thème « technologie et fiabilité des systèmes à haut risque ».

Bernhard Wilpert était depuis toujours convaincu qu’un réseau de chercheurs européens en psychologie du travail et des organisations, capable de faire progresser les valeurs européennes tant au niveau de la recherche qu’au niveau professionnel, contribuerait à l’humanisation de la vie au travail et à la démocratisation des organisations dans nos sociétés. « ENOP doit être la levure qui fait monter le pain » était son expression favorite pour résumer son idée.

Avec Bernhard Wilpert, c’est l’une des grandes figures du 20e siècle de la psychologie du travail et des organisations qui disparaît. Il a joué un rôle primordial pour la discipline tant au niveau scientifique que professionnel ou institutionnel et a aussi largement contribué à sa visibilité au sein de la communauté scientifique internationale. Et c’est à travers ses réalisations et la chaude amitié qu’il portait à tous ceux qui, à un moment ou un autre, ont croisé sa route, qu’il convient de se souvenir de lui.

Alain d'Iribarne


(1) ENOP (European Network of work and organizational psychology).
Comité de coordination scientifique : Gudela Grote (université de Zurich), David Guest (King’s College, université de Londres) Lyudmila Karamushka (université de Kiev), Erich Kirchler (université de Vienne), Jose Maria Peiro (université de Valence), Anne Rocha Perazzo (FMSH / EHESS, Paris) Vincent Rogard (université Paris 5), Fred Zijlstra (université de Maastricht).
(2) Qui a par la suite servi de base au premier master européen de psychologie, Master in work, organization and personnel psychology - WOP-P.

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