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En ce début de l'année 2008, qui s’annonce particulièrement mouvementée pour la Fondation, permettez moi de vous présenter tout d'abord mes vœux.
Ceux ci s’adressent tout particulièrement à celles et ceux d’entre vous qui allez travailler tout au long de l’année avec nous. Vous avez peut-être suivi à travers les informations que nous avons régulièrement implantées sur notre site, les péripéties de notre relogement provisoire pendant la durée des travaux de mise en sécurité de l’immeuble du boulevard Raspail où nous travaillons depuis notre création au centre du Paris universitaire historique. En effet, l’idée avait germé dans l’esprit du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, d’envoyer la Fondation s’installer avec sa bibliothèque et ses personnels au cœur d’une friche industrielle de la banlieue parisienne.
La rationalité immédiate d’un tel choix ne pouvait que laisser perplexe tout visiteur du lieu un peu objectif et connaissant les activités de la Fondation. La rationalité annoncée sur le long terme était qu’avec une telle implantation, la Fondation constituait l’avant-garde éclairée d’un grand projet à venir de l’aménagement urbanistique de Paris. Elle participait à la constitution d’un nouveau pôle universitaire s’inscrivant dans la perspective de la création à l’initiative présidentielle, d’un « Grand Paris » : une Cité des humanités, nouveau campus de rayonnement mondial au Nord de Paris.
Au moment où nous écrivons ces lignes, il semble à peu près certain que le voyage à Aubervilliers n’aura pas lieu et qu’un relogement mieux adapté au maintien du bon fonctionnement de la Fondation sera trouvé : si le prestige et la convivialité du quartier seront avec certitude remis en cause, il est par contre raisonnable de penser que les conditions d’accès ne seront pas trop dégradées et que les conditions d’hébergement seront améliorées. Il devrait en être particulièrement ainsi pour les chercheurs, la bibliothèque et le Centre interinstitutionnel de diffusion des presses universitaires (CID).
Quant à la question du lieu d’implantation de la Fondation une fois les chantiers de mise en sécurité et de réhabilitation achevés, la perspective d’un retour au 54 boulevard Raspail reste ouverte, les décisions immobilières relevant, in fine, du ministère du Budget. Bien entendu, dans ce cas comme dans le précédent, nous nous emploierons à faire prévaloir les intérêts scientifiques, à charge à la Fondation de poursuivre la mise en place d’opérations exemplaires par les intérêts qu’elles présenteront, et de les faire connaître.
Faire bien mieux connaître ce que fait la Fondation MSH tel est l’objet du premier dossier de cette lettre : il présente son nouveau site qui a été basculé sur le web en décembre 2007 et que je vous invite à visiter. Nous l’avons voulu à la fois riche dans son contenu, clair dans sa présentation, aisé dans son accès et sa navigation, lisible… La refonte complète de ce site destiné à favoriser un plus grand dialogue entre nous, a constitué un prétexte pour ouvrir un chantier relativement lourd puisqu’il a mobilisé une partie importante des personnels sur près d’un an.
Elle s’est appuyée sur une démarche participative destinée à permettre à chacun de s’exprimer sur ses activités et sur les façons de les présenter aux autres. On sait combien de telles options contiennent de risques de dérapage mais aussi de potentialités d’appropriations. Il me semble que l’on peut, sans forfanterie, considérer que le premier écueil a été largement évité tandis que les résultats escomptés ont, au contraire, été largement atteints.
Et, si dès maintenant le contenu du site est régulièrement actualisé au gré de nos activités, nous souhaitons aussi l'améliorer encore. Dans cet exercice, nous avons besoin de vos avis, sur le site comme sur cette lettre, car l’un comme l’autre sont, en fait, des outils de travail. Donc, même si cette version du site n’est pas encore interactive, n’hésitez pas à nous faire part de vos remarques et suggestions.
Le deuxième dossier de cette lettre est consacré à la bibliothèque. Comme vous le verrez, elle représente une mobilisation substantielle des moyens de la Fondation, tant en personnel qu’en acquisition d’ouvrages et de revues.
Mais là aussi, si la bibliothèque a été, dès la création de la Fondation, conçue comme une composante essentielle de son activité, elle n’en a pas moins fait l’objet d’évolutions constantes pour s’adapter à l’évolution des temps. Il en va en particulier ainsi du « numérique » qui a permis de faciliter les mises en réseau, dans un premier temps à partir de la constitution de fichiers communs normalisés permettant de faciliter le repérage des localisations des ouvrages disponibles pour un éventuel prêt. Dans un deuxième temps, il a permis, avec la numérisation – principalement des revues –, de « pousser » les ouvrages vers les utilisateurs au lieu de l’inverse.
Ainsi, avec la perspective d’améliorer continuellement la qualité du service rendu à ses utilisateurs, la bibliothèque fait peu à peu sa mue au profit d’une inscription de plus en plus forte dans le fonctionnement en réseau virtuel, mais elle ne doit pas pour cela, oublier ses lecteurs en salle. La qualité de l’accueil, l’aide à l’accès aux fonds, la possibilité d’accéder à des ouvrages pour des durées plus longues, constituent des nécessités d’autant plus grandes que cette bibliothèque est, à titre principale, une bibliothèque de recherche dont les plus grands usagers, en nombre, sont les chercheurs étrangers accueillis en France par la Fondation pour des durées plus ou moins longues.
Dans le monde de l’écrit, les choses bougent également du côté des Editions de la MSH. En effet, fortes du succès qu’ont connues les premières Rencontres du livre de sciences humaines qui ont eu lieu l’année dernière à la même époque, et fortes des encouragements qu’elles avaient reçus à persévérer, les Editions de la MSH ont décidé d’organiser cette 2e édition des Rencontres du vendredi 22 au dimanche 24 février. Cette manifestation est destinée à faire connaître les productions issues de l’activité scientifique des chercheurs en sciences humaines et sociales.
Elles constituent également des lieux de rencontre entre lecteurs potentiels et auteurs, mais aussi entre partenaires de toute la chaîne éditoriale, de l’auteur à l’éditeur, au diffuseur et au libraire qui ensemble concourent à cette diffusion classique des connaissances. Cette chaîne, comme on le sait par ailleurs, est questionnée à la fois sur chacun de ses maillons dans son métier et sur la totalité de ses maillons, non seulement dans leur agencement, mais aussi dans son existence même : avec les éditions numériques et les ventes en ligne, sans oublier l’apparition de blogs d’auteurs, le monde traditionnel du livre a besoin de réfléchir sur son avenir. C’est également un objectif de ces journées.
C’est aussi une des raisons qui nous conduit à présenter le partenariat que les Editions de la MSH a noué avec Google Recherche de livres. Google n’est pas seulement l’ogre qui veut croquer toutes les bibliothèques du monde en les attirant dans les mailles de son filet de numérisateur. C’est aussi un outil d’accès au livre dont la puissance pratique pour un utilisateur est réelle et n’est pas sans vertus.
Nous finirons la présentation de cette lettre en évoquant trois événements qui traduisent les activités scientifiques de la Fondation. Le premier est la réunion annuelle du programme de coopération bilatéral franco-indien, qui s’est tenue à Paris en janvier. Ce programme est, par son ancienneté et par l’importance des moyens qu’il mobilise, le plus important des programmes bilatéraux de coopération scientifique de la Fondation. La réunion a été honorée de la présence de l’ambassadeur de l’Inde à Paris qui a tenu, par ce geste, à montrer l’importance qu’il attache à la poursuite de cette coopération scientifique de longue date, et qui prend d’autant plus de valeur aujourd’hui que l’on connaît la place que l’Inde est en train de prendre dans le monde.
Le deuxième est un colloque sur la biométrie, sujet éminemment actuel, organisé dans le cadre d'un programme récemment accueilli par la Fondation, le programme Sécurité, technologie, société.
Le troisième, plus modeste correspond à la réalisation du séminaire qui s’est tenu à Dakar sous l’égide du R éseau Acteurs émergents. A travers le soutien qu’elle apporte au fonctionnement de ce réseau, qui ne veut pas se laisser enfermer sur une problématique purement africaine – des acteurs peuvent émerger partout et à tout propos –, c’est cependant à la recherche de ce continent que la Fondation essaie d’apporter son soutien, justement en refusant de l’enfermer dans ce qui serait une « africanité » peu justifiée. C’est donc bien à cette politique présente de longue date à la Fondation MSH, de soutien aux communautés scientifiques fragilisées par des contextes socio-politiques déstabilisés que correspond ce soutien au-delà de la thématique retenue.
Et si on veut bien admettre, avec la mise en place de l’Institut d’études avancées Paris/Ile-de-France, que l’année 2007 a été particulièrement riche en évènements, qu’il me soit permis pour finir cet éditorial, d’adresser mes remerciements à l’ensemble du personnel de la Fondation MSH qui au cours de cette année 2007 a su se mobiliser au service de ces chantiers.
Je savais que leur conception et leur mise en œuvre seraient, pour lui, une source de déstabilisation, ne serait-ce qu’en remettant en cause des habitudes souvent fortement ancrées dans des histoires personnelles et collectives longues. Toutefois, mon sentiment est que cet exercice a contribué à faire émerger, chez les plus jeunes n’ayant pas connu le « Père fondateur », un sentiment d’appartenance à une institution dont l’identité n’était pas claire pour eux en raison de la multiplicité de ses facettes et, chez les plus âgés, l’idée que l’histoire qui était la leur et qui avait fortement contribué à forger leur identité restait pertinente dans le monde contemporain, à la condition de savoir la revisiter dans un contexte ayant fortement évolué.
Alain d’Iribarne
Administrateur de la FMSH |
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