Dossier.
Bibliothèque de la FMSH
 

Sommaire du dossier bibliothèque
1  –  45 ans au cœur des activités de la Fondation Maison des sciences de l’homme
2  –  Une histoire longue dans une (encore) jeune institution
3  –  Une bibliothèque en réseau, une bibliothèque de réseaux
4  –  Nouveaux partenariats en cours et en vue pour la bibliothèque …
5  –  La bibliothèque : un fonds de haut niveau en SHS au service de la communauté scientifique française et étrangère


Une bibliothèque en réseau, une bibliothèque de réseaux

Pour le reste, la bibliothèque de la Fondation remplit pleinement, au fil des années, les missions qui lui avaient été assignées et qui sont rappelées dans le Rapport d’activité de 1963, alors qu’elle en était à sa phase de préfiguration :
– organisation et administration de la bibliothèque centrale proprement dite et création de bibliothèques spécialisées,
– coordination des bibliothèques et services de documentation logés dans la Maison,
– relations avec les autres bibliothèques, sur le plan national et international.

Grâce à l’appui financier de la Fondation américaine Ford – qui avait en partie permis à la MSH de voir le jour en apportant un tiers du financement initial, soit un million de dollars – et qui manifestait une volonté forte de contribuer particulièrement au développement des collections d’ouvrages américains en sciences sociales, la nouvelle bibliothèque mit en place, dès 1963 un service central d’achats pour ses acquisitions propres et pour celles des autres bibliothèques : les centres de documentation « sur l’URSS et les pays slaves », « sur la Chine », « sur la planification », le « Centre d’analyse documentaire sur l’Afrique Noire », le « Centre de linguistique chinoise », le « Centre d’anthropologie », et les centres d’études « sur l’Afrique », « sur l’Inde » et « sur l’Asie du Sud-Est et le monde indonésien ».

L’on peut suivre assez précisément, au fil des rapports d’activité annuels de la Fondation, les différentes acquisitions réalisées et les centres auprès desquels elles ont été déposées, une fois le traitement des documents achevé. Car la bibliothèque se chargeait du catalogage de tous les documents acquis, transmettait les documents et leurs fiches descriptives aux différents centres, conservant dans son catalogue central le double des fiches, annotées de la localisation des documents.
Elle réalisa ainsi, dès 1965, le catalogue collectif des ressources documentaires du site MSH et mit en place une véritable politique d’acquisitions partagées, assez novatrice pour l’époque.
Entre 1963 et 1976, jusqu’à l’épuisement de la donation Ford, plus de 20 000 volumes et environ 1 400 abonnements à des périodiques ont été acquis, traités et déposés par la bibliothèque de la Fondation dans des bibliothèques de centres de la VIe section de l’EPHE, devenue l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) ou d’unités mixtes EHESS-CNRS.

Depuis cette époque, l’aide apportée par la bibliothèque de la Fondation en termes d’acquisitions et de dépôts de documents a dû être fortement revue à la baisse pour des raisons budgétaires. Toutefois, le Centre Louis Gernet reçoit encore aujourd’hui le dépôt gracieux d’une partie des volumes du Corpus Vasorum Antiquorum de même que le Laboratoire d’anthropologie sociale bénéficie d’un abonnement aux très onéreux Human Relations Area Files.

Mais l’assistance que la bibliothèque de la Fondation a porté jusqu’à un passé récent aux bibliothèques des centres du Site Raspail se poursuit maintenant principalement sous d’autres formes.
Pour exemple, de 1989 à 1998, une bibliothécaire a été mise à disposition une demi-journée par semaine, pour mener l’informatisation du catalogue du Centre Louis Gernet puis son intégration dans le réseau Frantiq du CNRS.
De même, la réalisation progressive d’un catalogue collectif et d’un réseau des bibliothèques du site a été poursuivie et développée. Elle a même connu une accélération notable lors de l’informatisation de la bibliothèque de la Fondation puis, en 2006, lors de son entrée dans le Système universitaire de documentation (SUDOC). En ces deux occasions, les propositions de partenariats avec les bibliothèques des centres ont été particulièrement renforcées, afin que toutes puissent bénéficier de ces opportunités. Ont ainsi pu être progressivement associés au catalogue de la bibliothèque de la Fondation celui de la bibliothèque du Centre de recherches politiques Raymond Aron (1998), celui du Centre de documentation des mondes russe et turc (2001) (1) et partiellement celui du Laboratoire de démographie historique (2004). En 2007, deux autres bibliothèques ont demandé l’intégration de leurs catalogues dans le collectif Babylone : celle du Centre d’anthropologie religieuse européenne et celle du Groupe d’anthropologie historique de l’Occident médiéval. D’autres négociations sont actuellement en cours et une charte de partenariat a été élaborée pour formaliser ces accords.
La part de la bibliothèque de la Fondation dans ces opérations de mutualisation de ressources documentaires est tout à fait primordiale : en effet, elle a très largement pris en charge la formation au logiciel du SUDOC des bibliothécaires concernés et dispensé une formation au logiciel Horizon, elle assure un soutien logistique et technique constant auprès de ces derniers, elle assure la gestion complète du catalogue et, last but not least, elle permet à ces bibliothèques d’acquérir, via le SUDOC et donc le Catalogue collectif de France (CCFr) une très large visibilité de leurs fonds.

Les collaborations toutes collégiales entre bibliothécaires et documentalistes des deux institutions se poursuivent aussi aujourd’hui par le partage régulier d’informations, de résultats de leurs veilles respectives, de formations en commun …

Comme son cahier des charges l’annonçait, la bibliothèque de la FMSH a créé et alimente un réseau de bibliothèques partenaires à différents échelons géographiques : parisien, national et international.

C’est à Paris, dans sa proximité géographique et scientifique la plus immédiate, que la bibliothèque a tissé ses premiers liens « naturels » et qu’elle s’emploie à les renforcer et à les enrichir.

La Fondation nationale des sciences politiques servit – partiellement – de matrice « exemplaire » à la toute nouvelle MSH. Si l’on ne peut réellement parler de politique d’acquisitions partagées, les deux bibliothèques entretiennent depuis toujours des relations de concertation dans les disciplines qui leur sont communes.
Il en va de même avec la bibliothèque de la Sorbonne, particulièrement en ce qui concerne les acquisitions de périodiques et, là encore, la concertation prévaut autant que possible, afin d’éviter au maximum le doublonnage de collections dans un secteur géographique restreint et dans des bibliothèques au service d’un même type de publics.

Une véritable politique de « mise en réseau » de ressources documentaires s’est établie pendant de longues années entre la bibliothèque de la FMSH et le CNRS. Longtemps installé dans les locaux de la Fondation, le Centre de documentation en sciences humaines du CNRS (qui deviendra l’INIST-SHS (2)) a fait bénéficier la bibliothèque de l’ensemble des publications qu’il recensait pour le Bulletin signalétique, contribuant ainsi de manière significative à la constitution de la collection de périodiques – dix mille titres aujourd’hui – qui est une des richesses quantitative autant que qualitative du fonds, unanimement appréciée par les lecteurs.

Depuis longtemps également, la parenté étroite entre les collections conservées par la bibliothèque de l’IRESCO (3) (CNRS) et le fonds de sociologie constitué par celle de la Fondation, la gémellité des publics destinataires de ces fonds ont conduit les deux bibliothèques à une collaboration quasi native.
Aujourd’hui où la bibliothèque de l’IRESCO a rejoint les collections du Service commun de documentation de l’université Paris 5 – rue des Saints-Pères où elle a trouvé une nouvelle visibilité, les contacts ont été notablement renforcés et une étude commune est en cours visant, progrès de l’informatique documentaire aidant, à donner un accès unifié via le protocole Z39-50 aux catalogues de ces deux fonds de sociologie, importants et complémentaires.

La possibilité d’un accès unifié du même type est à l’étude entre la bibliothèque de la FMSH et celle du Laboratoire d’anthropologie sociale au Collège de France – autre partenaire « historique » de la FMSH, et avec les bibliothèques de la Maison de l’archéologie et de l’ethnologie René Ginouvès sur le campus de l’université Paris 10 à Nanterre. Là encore, relations de longue date, parenté et complémentarité des fonds, partage des publics, justifient a minima un accès mutualisé aux catalogues.

La bibliothèque de la FMSH a tissé de longue date de fructueux partenariats avec des bibliothèques et des centres de documentation français dans toutes les disciplines des sciences humaines et sociales, en particulier pour ce qui regarde les enrichissements réciproques des collections par dons et échanges. Par exemple, avec l’Institut historique allemand de Paris, la Maison des sciences de l’homme d’Aquitaine … ; plus récemment avec l’université de Provence (Aix-Marseille I), et depuis 2005 avec la Bibliothèque de la Maison de l’Orient et de la Méditerranée (Maison des sciences de l’homme de Lyon).

Il existe aujourd’hui vingt-et-une maisons des sciences de l’homme, constituées en réseau national, dont la Fondation MSH et sa bibliothèque sont, naturellement, parties prenantes. Et au-delà d’un réseau de partage documentaire à proprement parler, qui existe et se développe, c’est un travail plus vaste de mise en commun, de transfert de compétences et d’expériences qui tend aujourd’hui à se mettre en place, auquel participe la bibliothèque de la Fondation en s’associant, par exemple, aux travaux initiés sur les archives des sciences humaines et sociales.

En 2006, la bibliothèque a rejoint le SUDOC qui propose sur internet un catalogue collectif de signalement et de localisation des collections des bibliothèques des universités et des autres établissements de l'enseignement supérieur français. Le fonds de la FMSH vient peu à peu enrichir le SUDOC de ses collections de niveau recherche ; il bénéficie en retour d'une visibilité accrue via internet, qui profite à une communauté scientifique élargie.

Au niveau international, elle a mis en place, par une politique volontariste heureusement relayée par des rencontres et des échanges avec des chercheurs et des bibliothécaires étrangers invités par la Fondation, des réseaux de dons et d’échanges réguliers de publications, d'accueil de chercheurs, avec de nombreuses bibliothèques, institutions de recherche et universités à travers le monde, tels l’Institut für höhere Studien de Vienne, la Library of Congress à Washington, la Sächsische Akademie der Wissenschaften de Leipzig, la Magyar Tudományos Akadémia Könyvtána de Budapest, l'université Columbia à New York, l’Institut de Ciències Politiques i Socials de Barcelone, l’Instituto Juan March de Estudios e Investigaciones de Madrid, l’Institut français d’archéologie du Caire, …

Elle collabore également de façon très notable au programme international d’aide aux bibliothèques de recherche porté par la FMSH, en constituant un fonds de « doubles » – monographies et périodiques provenant des dons nombreux dont elle bénéficie – qu’elle recense et destine, selon les besoins exprimés, aux bibliothèques partenaires de ce réseau. Chaque année, plusieurs centaines de livres de sciences humaines et sociales récents, en parfait état et dûment listés, sont ainsi mis à la disposition de chercheurs inscrits dans des bibliothèques étrangères dont les budgets ne leur permettent pas d’acquérir ces documents.


(1) En 2006, l’EHESS a décidé de délocaliser ce fonds et d’en confier une partie (documents en caractères non-latins) à la Bibliothèque universitaire des langues et civilisations (BULAC).
(2) INIST : Institut de l’information scientifique et technique (CNRS).
(3) IRESCO : Institut de recherche sur les sociétés contemporaines (CNRS).

 
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