Programme TIC et migrations.
  Programme thématique FMSH
 
 

Les migrations : nouvel environnement, nouvelles approches, nouveaux outils d'analyse

Avec le lancement de son nouveau site internet, le programme d'études sur l'usage des technologies de l'information et la communication dans les migrations (TIC-Migrations) entame une nouvelle phase de développement, résultat de plusieurs années de travaux préparatoires où séminaires, journées d'études, rencontres diverses ont permis d'affiner son objet de recherche et sa méthodologie et de mettre en place un réseau de chercheurs.
Fondé et dirigé par Dana Diminescu (sociologue) en 2003, inscrit dans le contrat quadriennal 2006-2009 de la Fondation, c'est un programme de recherche thématique explorant l'impact des nouvelles technologies sur le monde des migrants (occupation des territoires numériques par les diasporas, politiques de gestion numérique à l'égard des migrants, perspectives épistémologiques renouvelées d'analyse des migrations à l'âge des TIC, etc.). Il ouvre en cela un nouveau terrain de recherche et bâtit scientifiquement un nouvel objet recherche.

Un nouveau site internet, outil de travail et de diffusion

Le site qui vient d'être mis en ligne présente les recherches menées au sein du programme, ainsi que les projets mis en place (dont usage du téléphone mobile sur les migrants, migr'archive, e-diasporas atlas) et les travaux ou projets réalisés par d'autres équipes de recherche.
Il détaille également les outils (crawl, exploration du web, etc.) utilisés et développés dans une démarche exploratoire.
Il offre, par ailleurs, une bibliographie / webographie sur cette thématique nouvelle.

La réunion inédite d'expertises autour des usages des TIC par / pour / sur les migrants

Ce programme novateur est parti d'un constat et d'un besoin : depuis les années 80, le monde des migrants a connu un changement majeur avec l'apparition et le développement des TIC. Les migrants ou « communautés en dispersion dans un espace physique » connaissent et expérimentent dorénavant de nouvelles formes de regroupement, d'action et d'occupation dans ces nouveaux territoires numériques :
– ils se regroupent en communautés sur le web (politiques, ethniques, corporations de métier…, qui transcendent les frontières),
– ils communiquent constamment par email, par téléphone portable, par ordinateur (Skype) avec leur pays d'origine, dans d'autres pays.
Le rapport au pays d'origine, au pays d'accueil, à l'intégration et à la situation de migrant, le projet de migration, s'en trouvent donc profondément modifiés.
Cet usage des TIC n'est d'ailleurs pas l'apanage des migrants : les administrations en font aussi grand usage (fichiers numérisés) et les « contrôles » évoluent en conséquence.

Cette nouvelle donne appelle naturellement à une nouvelle approche épistémologique. Les sujets – tout comme les outils conceptuels et méthodologiques classiques de la discipline – doivent êtres reconsidérés et confrontés avec cette nouvelle réalité migratoire.
Il s'agit également d'articuler deux courants d'études jusqu'ici relativement dissociés – les théories des diasporas et l'exploration du web – dans un contexte où :
– les spécialistes des migrations n'appréhendent en général la modernité que comme une cause supplémentaire de déracinement,
– les spécialistes des TIC et de leurs usages, et des possibilités documentaires que ces techniques ouvrent, s'intéressent peu aux trajectoires des précaires.
Le programme TIC-Migrations fait ainsi appel à un ensemble pluriprofessionnel de chercheurs issus de disciplines variées qui ont en commun, d'une part, une bonne maîtrise pratique des TIC et, d'autre part, une réflexion théorique sur les TIC et leurs usages.
À terme, il s'agira également de développer des outils génériques, d'observation et d'analyse de l'usage et de l'impact des TIC, susceptibles d'être redéployées dans d'autres disciplines SHS.

Un observatoire

Le programme se veut plate-forme d'observation du champ migratoire dans un environnement augmenté par les TIC (usage des TIC par les migrants, par les administrations, etc. ; impact en terme d'intégration, de contrôle, etc.), qui vise non seulement à impulser de nouveaux travaux et à fédérer les recherches et approches des géographes, sociologues ou politologues et des spécialistes des TIC sur le thème des migrations, mais également à créer un nouvel objet de recherche.
Deux thématiques sont pour l'instant privilégiées :
– intégration,
– sécurité, frontière et contrôle.
D'autres axes de recherche (transfert d'argent, mobilisation politique des migrants via internet…) seront ultérieurement développés.

Un conservatoire

Le programme vise également à être une plate-forme d'archivage, de visualisation et d'analyse de la dynamique des systèmes et réseaux migratoires sur le web, qui permet d'élaborer simultanément des stratégies d'archivage (logiques de requêtes, critères de tri et de diffusion) et un support technique informatisé de stockage afin de créer un système d'utilisation active et durable des données.
Ce conservatoire sera constitué :
– d'une « migr'archive », en construction, qui offrira aux chercheurs de nouveaux outils d'exploration, de nouveaux outils d'analyse et une nouvelle visualisation de leur terrain, permettant un accès aux sources d'information sur les migrations (site officiel, site de chercheurs, site d'associations, forum on-line, listes de discussions, etc.). Elle sera réalisée avec et à partir d'outils et méthodes d'exploration du web tout à fait novateurs (crawler, analyse cartographique du web, etc.) et dans une démarche concrète (pour la captation et la sélection de sites) mettant en interaction constante informaticiens, spécialistes des systèmes d'information et chercheurs en SHS ;
– d'un « e-diasporas atlas » restituant l'observation, l'analyse et la visualisation des corpus web présentés et archivés dans la migr'archive. Il visualisera et analysera la dynamique des systèmes migratoires et ses constantes évolutions sur un terrain jusqu'à présent non sondé qu'est l'environnement numérique. En cela, il sera non seulement complémentaire à la représentation classique de la géographie des migrations mais également un outil d'approche d'une nouvelle réalité sociologique.

Un laboratoire

Enfin, le programme se veut une plate-forme d'élaboration et de redéfinition de concepts sur les migrations et la mobilité qui s'articule autour de deux axes :
– l'axe « Théorie et concepts » qui interrogera les concepts classiques sur les migrations dans le cadre de ce nouvel environnement numérique (saisir les changements induits dans le champ migratoire par l'usage des TIC et confronter les approches épistémologiques que ces changements entraînent) ;
– l'axe « R&D » qui innovera et expérimentera de nouvelles méthodes d'investigation et des outils d'analyse offerts par les TIC dans le domaine des migrations.

Un réseau de chercheurs et de partenaires

Le réseau du programme TIC-Migrations réunit une vingtaine de chercheurs qui pilotent et orientent l'axe et les initiatives générales du programme de recherche. Autour de ce noyau, gravitent de nombreux chercheurs invités et correspondants, membres de laboratoires ou de programmes partenaires, rattachés à diverses institutions, administrations ou associations.

Plusieurs partenariats ont, par ailleurs, été mis en place, notamment avec :
– le laboratoire Migrinter, qui offre son expertise en matière d'étude des migrations ainsi qu'un réseau conséquent de chercheurs ;
– l'Institut national de l'audiovisuel (INA), qui a la responsabilité officielle d'explorer les conditions techniques et méthodologiques de mise en œuvre d'un dépôt légal du web, et dont les outils mis en place à cette fin (crawler, archivage) sont expérimentés conjointement ; l'expérience de l'INA en matière d'archivage de flux d'informations est précieuse ;
– le programme Diaspora knowledge network (DKN) / Laboratoire d'informatique pour la mécanique et les sciences de l'ingénieur (LIMSI) qui repose sur une approche tout à fait complémentaire (expérimentation des nouvelles formes d'interactions constitutives à de nouvelles pratiques de coopération sur le web) ;
– le projet e-Atlas qui se propose, lui aussi, de décrire et analyser les phénomènes considérés comme a-territoriaux ;
– le GDRI Netsud Technologie de la communication et du développement qui travaille sur l'insertion des TIC dans le monde en développement (ou pays du sud).


Le programme TIC-Migrations prévoit d'organiser, fin 2007 :
– un séminaire mensuel sur le thème « Sécurité, territoire, mondialisation » organisé en collaboration avec le groupe de recherche Éthique, technologies, organisations, société (ETOS) de l'Institut national des télécommunications (GET-INT) sous la responsabilité de Pierre-Antoine Chardel,
– une journée d'étude « Corridors et proximité numériques : des territoires de la circulation migratoire », sous la responsabilité de Dana Diminescu.


Contacts
Directrice scientifique : Dana Diminescu
Responsable du développement du programme : Sylvie Gangloff
Responsable R&D : Mathieu Jacomy
tic-migrations@msh-paris.fr

+ d'info sur le programme TIC-Migrations

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